Projet Faune et Développement de Boumoana (Projet FAU.DE.B.) dans la région de l’Est du Burkina
Lieu : 20 villages des communes de Fada N’Gourma et de Matiakoali (Province du Gourma).
Durée : 2004-2015
Domaines d’intervention : Mise en place de zones communautaires de faune; Valorisation des produits forestiers non ligneux (miel, beurre de karité, huile du Balanites aegyptiaca, fruits du baobab…); Production des plants et reboisement; Micro-crédits, maraîchage; Développement des compétences : formations, voyages d’échanges, alphabétisation.
Partenaires principaux : Association Faune et Développement au Burkina (A.FAU.DE.B.), Groupements villageois, Collectivités décentralisées (Conseils villageois, municipaux et régional), Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie, Ministère de l'Education Nationale et de l’Alphabétisation, Fonds pour l'Alphabétisation et l'Education Non formelle.

Le contexte
La région de l’Est du Burkina Faso abrite le plus important continuum d’aires protégées (parcs nationaux et réserves de faune) d’Afrique de l’Ouest. Ces ressources génèrent des retombées financières considérables pour le budget national, mais elles constituent surtout la base de la vie économique et culturelle des populations de la région, le pays gourmantché.
Toutefois, ces dernières réserves forestières et fauniques font face à un grand front agricole et pastoral et à des pratiques ravageuses de braconnage. Pour les populations, les effets négatifs de ces contraintes se traduisent par la disparition d’espèces naturelles nécessaires pour la médecine traditionnelle, la sécurité alimentaire et l’accès à des revenus. Ils se manifestent aussi par un climat de forte tension et des conflits souvent violents dans le partage des terres agricoles, des pâturages et du gibier, toutes ces ressources se faisant de plus en plus rares.

L’approche
Pour aider les populations de la région à faire face à ces dynamiques préoccupantes, l’ADAP développe avec elles un ensemble intégré d’activités qui permettent de viser une utilisation durable des ressources foncières, fauniques et forestières, tout en améliorant la situation alimentaire et financière des populations concernées.
L’approche consiste, d’une part, à attribuer des vocations spécifiques aux différentes parties de la zone périphérique des aires protégées.
Il s’agit, d’autre part, de promouvoir des pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la chasse auprès des populations riveraines des aires de la conservation de la nature.

Les activités
1) Mise en place de zones à vocation pastorale et cynégétique. Identification, négociation de règles de gestion,     délimitation et reconnaissance juridique.
2) Promotion de pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la chasse auprès des populations
riveraines des aires de la conservation de la nature
       Dans le secteur agricole :
                 - diffusion de techniques de production biologique
                 - mise en valeur des pratiques traditionnelles de conservation des sols.
                                                                               
       Autour des zones pastorales :
                 - production de fourrage et embouche (élevage en stabulation) sont                    soutenues à travers un appui technique et du micro-crédit.
                 - application de règles de gestion localement convenues.

       Dans les zones villageoises d’intérêt cynégétique :
                 - surveillance avec les comités villageois pour un respect des règles                     d’utilisation localement convenues ;
                                                                                         - Inventaires forestiers et faunistiques ;
                                                                                         - Aménagements hydrauliques et forestiers.
                                                                                         - Exploitation commerciale des produits forestiers non ligneux
3) Activités transversales
      - Formations, voyages d’échanges, alphabétisation et assistance         technique pour les populations.
      - Appui à la filière maraîchère et à la réalisation de points d’eau pour         répondre à des préoccupations majeures des populations, en particulier         des femmes, en matière d’accès à des revenus et à l’eau de boisson et         de production.
      - Production de plants et reboisements.

Les résultats obtenus
*11 zones villageoises d’intérêt cynégétique ont été constituées.
*Une dizaine de zones pastorales sont constituées ou en cours de négociation.
*500 promoteurs et promotrices tirent des revenus des produits forestiers non ligneux.
*Des expérimentations de la production agricole à base de pesticides et d’engrais naturels.
*Un taux de survie de 90 % dans les plantations d’arbres.
*400 personnes alphabétisées chaque année.
*Plus d’une dizaine de points d’eau réalisés pour la faune, le bétail et la consommation humaine.

Perspectives
*Vers un réseau de zones villageoises d’intérêt cynégétique tenant lieu de zone tampon protégeant le réseau d’aires classées de l’Est burkinabé.
*Promotion d’un centre de valorisation des produits forestiers non ligneux au profit des populations de la région.
*Mise en œuvre d’un programme d’éducation en développement durable dans l’Est du Burkina Faso.