Gestion communautaire des ressources naturelles et soutien à l’apiculture dans la région d’Inyonga, Tanzanie
Lieu : 13 villages d’Inyonga, Rukwa, Tanzanie.
Durée  : 2002-2016
Domaines d’interventions : Gestion communautaire des ressources naturelles, Appui et renforcement institutionnel, Appui aux groupements villageois, Apiculture, Agro-foresterie, Ecotourisme.
Partenaires principaux : Inyonga Beekeepers Association (IBA), Ministry of Natural Resources and Tourism, District Council of Mlele,
Inyonga Ecotourism Association, Tanzania Wildlife Research Institute (TAWIRI), Agricultural Research Institute Tumbi, Small Industries Development Organisation (SIDO).

 
Contexte
La division d'Inyonga se trouve dans le district de Mpanda, peuplé d'environ 400'000 habitants dont la moitié sont des réfugiés burundais, encore peu intégrés dans la vie régionale, et source fréquente de tensions. A plus grande échelle, le district de Mpanda fait partie de la région de Rukwa, qui, en matière faunique, compte parmi les plus riches du continent. La chasse sportive y constitue donc l’activité principale, au détriment des autres activités économiques traditionnelles (agriculture, apiculture, élevage, cueillette,…). En effet, les sociétés de chasse privées (d’Europe ou d’Afrique du Sud) ont longtemps bénéficié de l'usage exclusif de vastes territoires, au détriment des populations résidentes en périphérie de ces terres, et exclues des retombées économiques de cette activité très lucrative. S'ensuivit une situation de prédation accrue (braconnage) et de conflit permanent entre les divers acteurs (unités de lutte anti-braconnage, populations locales, autorités) que l'ADAP entend résoudre en instaurant des mécanismes de gestion communautaire des ressources naturelles. Pour les populations résidentes, la principale activité économique est l'agriculture. Le tabac, le maïs, l'arachide et le tournesol, achetés sur place par des compagnies privées ou des commerçants qui les exportent, constituent les principales sources d’entrées monétaires. L'apiculture, l'agroforesterie, et l'écotourisme sont encore de nouvelles activités économiques génératrices de revenus, appuyées par l'ADAP, qui ont rapidement contribué à l'amélioration générale du niveau de vie. Dans ce cadre, une "Bee Reserve" (réserve apicole de 850 km2 à l’ouest du village) est en cours de reconnaissance légale. Ce type d’aire protégée vise à assurer la participation des communautés à la gestion de la zone et surtout à générer, au niveau local, des revenus issus de l’exploitation légale des ressources, tout en contribuant au maintien de l’écosystème et des ressources naturelles.
 
Le projet
Les "Bee Reserve", prioritairement destinées à la pratique de l’apiculture, prévoient également que d’autres activités d’exploitation durable des ressources naturelles puissent être développées sur ces espaces. Compte tenu tant du couvert forestier que de la tradition d’apiculture existante, cette activité a été identifiée par les communautés locales comme complémentaire aux activités agricoles. La richesse de la faune de cette région a aussi encouragé les communautés à développer un produit écotouristique, représentant une source de revenus importants.

Le projet vise à favoriser une gestion participative des ressources naturelles : d’une part, dans la "Bee Reserve", où un appui à l’association d’apiculteurs permet d'augmenter tant la qualité que la quantité des produits de la ruche et d'ouvrir de nouveaux marchés pour l’écoulement de leurs produits ; et d’autre part, sur les terres villageoises, au travers des plans de gestion et de l’attribution de titres de propriété. Ces mises en place permettront non seulement de diminuer les conflits liés à l’utilisation des terres, mais aussi d’améliorer leur gestion (notamment des ressources forestières et de l’approvisionnement en eau potable).
 
 
Objectifs et résultats attendus
- Sur un plan institutionnel, la reconnaissance de l’association d’apiculteurs en tant qu’acteurs formels par les autorités et les autres acteurs institutionnels et privés. Concrètement, cela devrait se manifester par la mise en place d’une gestion de la "Bee Reserve" concertée entre les apiculteurs, les sociétés de chasse privées et le district.
- Sur un plan économique, une augmentation de la contribution de l’apiculture et de l’écotourisme à l’économie locale et une sécurisation des revenus nécessaires au fonctionnement des associations d’apiculteurs et d’écotourisme.
- Sur un plan écologique, une diminution de la pression illégale sur les ressources forestières et fauniques et donc une amélioration de la santé de l’écosystème.