Programme d'appui au développement de l'apiculture dans les Wildlife Management Areas du corridor Selous – Niassa, districts de Namtumbo et Tunduru, Tanzanie
Lieu : 17 villages des Districts de Namtumbo et Tunduru, région de Ruvuma, Tanzanie.
Durée: 2006-2012 (terminé)
Domaine d'intervention :
Gestion communautaire des ressources naturelles, appui institutionnel, appui et renforcement institutionel, apiculture, produits forestiers non ligneux, développement économique.
Partenaires locaux: Community Based Organisations (CBOs) des Wildlife Management Areas (WMAs) de Nalika et Mbarangandu, District Councils (DCs) de Tunduru et Namtumbo, Ministry of Natural Resources and Tourism (MNRT)


Contexte
La région de Ruvuma, située dans le sud de la Tanzanie, est l’une des plus pauvres et des plus enclavées du pays. L’économie locale dépend d’une combinaison entre agriculture sur brûlis et exploitation directe des ressources naturelles. La principale activité économique formelle est la chasse sportive qui exploite la majorité de l’espace forestier de la région sous forme de blocs de chasse. Toutefois, les découvertes récentes de nombreux gisements de minerais dans la région (diamants, uranium) et la progression des fronts pionniers agricoles (tabac, riziculture) menacent directement la conservation de ces espaces naturels. L’extraction illégale des ressources naturelles se manifeste de différentes façons, tant par la coupe illégale de bois que par le braconnage, y compris d’espèces intégralement protégées comme l’éléphant.
La pression humaine sur les ressources va en augmentant en raison d’un phénomène de migration, de l’accroissement naturel et de l’introduction de nouvelles techniques de prélèvements des ressources (pêche au poisson, introduction des armes automatiques dans le braconnage). Tant l’agriculture (conversion d’écosystèmes en agrosystèmes) que l’exploitation minière ont des impacts environnementaux forts et ne contribuent finalement que faiblement à la réduction de la pauvreté.
Dans un tel contexte, les populations de plusieurs villages de la région se sont associées depuis plus d’une dizaine d’années pour mettre sur pied des zones de gestion communautaire de la faune (Wildlife Management Area – WMA) afin d’assurer la conservation et l’utilisation durable des ressources naturelles contenues dans le corridor. Pour réaliser ce projet, elles ont identifié l’apiculture comme une source potentielle de revenus complémentaires à ceux issus de la chasse. Plus récemment, la cueillette et la commercialisation de champignons a également été perçue comme une activité économique alternative potentiellement réalisable. Cette tentative de formalisation d’exploitation multi-usage est une première en Tanzanie et représente un enjeu important en termes de développement.


Le projet
Le « Selous Niassa Beekeeping Support Programme » vise à soutenir le développement et l'intégration formelle de l'activité apicole villageoise à la gestion des Wildlife Management Areas (WMA), littéralement zones de gestion de la faune. Le programme intervient dans 17 villages, dans les districts de Namtumbo et Tunduru. Ces 17 villages participent à la gestion de deux WMA, celle de Mbarangandu à Namtumbo et celle de Nalika à Tunduru. La zone recouverte par ces deux WMA d'un seul tenant est de plus de 5'000 km2 et couvre toute la partie du nord du corridor Selous-Niassa.
Le programme, dont les bureaux sont établis à Namtumbo, intervient en coordination avec deux autres initiatives de coopération internationale visant à assurer la conservation du corridor écologique reliant les réserves de faune de Selous en Tanzanie à celle de Niassa au Mozambique. Le Selous Niassa Wildlife Corridor Project est une initiative du PNUD et du FEM mise en oeuvre par la GTZ-IS qui soutient la mise sur pied des WMA s dans le corridor Selous Niassa, coté Tanzanien. La KfW soutient également l'initiative de conservation du corridor par le biais d'un appui aux districts du corridor, le projet est mis en oeuvre par la Wildlife Conservation Society of Tanzania.
Depuis 2006, l’ADAP a apporté un soutien logistique (fourniture de matériel, participation à la construction de bureaux, etc.) aux organisations de base communautaire (CBO’s) en charge de la gestion des WMA et à appuyer le développement de l’activité apicole en intervenant à plusieurs niveaux, soit à :
- L’appui à la structuration et à la formalisation des groupements d'apiculteurs.
- La délimitation des zones favorables à l'apiculture dans les WMA’s.
- La formation technique en apiculture et la construction des ruches modernes.
L’ADAP a également aidé à identifier de nouvelles pratiques alternatives aux activités destructrices de l'environnement. Elle a particulièrement soutenu la filière champignons.

Actuellement, le projet poursuit ses objectifs initiaux en matière de développement de l’apiculture au niveau villageois, à savoir une double stratégie visant à améliorer la qualité et la quantité des produits de la ruche par le biais de nombreuses formations, et un appui à la gestion organisationnelle des groupements d’apiculteurs au niveau villageois. Ces appuis visant au renforcement des capacités locales prennent principalement la forme de formations techniques et / ou de gestion. Un accent plus fort sera porté en seconde phase sur l’identification et l’organisation de l’accès aux marchés.
Au niveau institutionnel, le projet poursuit également les démarches visant à intégrer formellement l’apiculture à la gestion des WMA.

Toujours dans la même perspective d’appuyer le développement d’activités de gestion durable des ressources génératrices de revenus pour les communautés locales, un appui sera apporté pour soutenir une amélioration qualitative et la formalisation d’une filière de collecte et de commercialisation de champignons. Pour réaliser ce projet, l’ADAP s’appuie principalement sur les organisations de base de gestion communautaire, sur les districts, ainsi que sur d’autres partenaires tanzaniens. Enfin, l’association collabore étroitement avec les deux autres projets de coopération intervenant dans la région, respectivement mis en oeuvre par le PNUD et la KfW.


Objectifs et résultats attendus
Les résultats attendus sont les suivants :
- Les organisations de gestion de base communautaire sont reconnues légalement, fonctionnelles au niveau opérationnel et génèrent des revenus suffisants pour assurer la gestion des activités.
- Les organisations de gestion de base communautaires disposent des capacités de gestion et de négociation leur permettant de négocier des accords de partenariat avec des opérateurs privés et gouvernementaux.
- Les groupements apicoles et de collecte de champignons sont reconnus formellement comme acteurs à part entière.
- L’activité apicole et la commercialisation des champignons contribuent de manière significative à accroître les revenus que les communautés locales tirent de la gestion des ressources naturelles.
- La faune et le couvert forestier sont soumis à une pression illégale moindre et les WMA’s remplissent leur rôle, à savoir la protection de parties importantes du corridor.